|
||
| Komsamimim : Bientôt un an | ||
| Presque un an après la création du journal en créole (tous les samedis midis), Henry-Claude Elma, présentateur principal, fait le bilan. | ||
| « C’était une idée que j’avais dans la tête depuis quelques années, pas forcément depuis que j’étais à RFO. Avec les responsables de la rédaction et de la direction, toute l’équipe en fait, on en discutait de manière informelle et l’idée avait un écho favorable. « Pour les conditions, c’était autre chose. Ça fera bientôt un an. Le premier journal a eu lieu le dernier samedi du mois de mars. Les gens ont cru que c’était un poisson d’avril en avance. On s’est lancé avec pas mal de difficultés, difficultés d’organisation surtout parce qu’on n’a pas de rédaction bilingue comme ailleurs - Tahiti par exemple. « Moi, je voulais un journal quotidien en créole. Avec le recul, je pense que ça aurait été franchement difficile. On a débuté avec une rétrospective de la semaine en créole. Aujourd’hui ça a évolué vers un journal d’actualité normal. On a fait le plus gros, c’est-à-dire prouver que c’était faisable, qu’on peut traiter n’importe quel sujet d’actualité. »
«En fait, je tiens à préciser que je n’étais pas le premier présentateur de journal en créole. D’autres l’ont fait avant sur TV4. Je ne retire aucune fierté de cette affaire-là. La fierté, c’est pour RFO, d’avoir réussi à mettre en avant {{nout lang}} . Beaucoup de gens se sont battus pour ça. Ils ont préparé la population, derrière il y a tout le travail fait depuis des années. Ça s’est pas fait du jour au lendemain. » Évolution «Il est souhaitable d’aller plus loin aujourd’hui, faire plus que les quelques petits reportages et les sujets e la veille qu’on fait actuellement. Il faut travailler sur la qualité, de manière à ce que dans notre écriture, le créole ne soit pas parasité par le français. Faire du journalisme en créole, ce n’est pas seulement traduire mot à mot à partir du français. C’est aussi exprimer notre manière de voir le monde. «Les mots sont les choses», il a une autre dimension derrière. Avec Robert Gauvin, on a essayé de rendre les images. » Réactions «Au sein même de la rédaction, il n’y a pas eu de refus mais plutôt un peu de surprise. C’était l’idée de supprimer le journal en français [du samedi midi, ndlr] qui surprenait. Du lundi au dimanche, il y a 4 à 5 éditions du journal par jour, multipliés par 7 et tout en français. En supprimer une ne remettait pas en cause les autres éditions. Je voulais uniquement un journal en créole pour le samedi midi, pas un journal optionnel sinon celui qui ne veut pas le regarder peut toujours regarder celui qui est en français. «Il y a quand même quelques appréhensions. J’en discutais avec un journaliste créole qui était contre le créole et finalement c’est la personne qui s’est la mieux appliquée dans ce journal. Tout le monde évolue. «Quant au public, parmi les avis positifs, des gens
appelaient pour dire «anfin, mi kompran ». Une dame de 80
ans m’a appelé mardi pour me dire «moin le présé
samdi i ariv ». « Ça c’était pour les points de vue tranchés. Il y a eu d’autres réactions, comme quelqu’un qui disait qu’il ne comprenait pas ce que disait le présentateur parce que c’était pas le créole de la rue. En France, dans le nord ou dans le sud, on ne parle pas de la même façon et pourtant quand il y a le JT national, on ne pose plus la question…» Militantisme ? «J’étais un militant sans mouvement. Je n’étais dans aucune association avant, mais maintenant je me retrouve dans mouvement. C’est forcément du militantisme dans la mesure où c’était un acte volontaire. » Et les autres ? « Rien empêche un autre média de s’exprimer en créole. Il n’y a aucun frein, aucune barrière insurmontable. Les blocages ne sont pas au niveau technique, ils sont ailleurs. «La difficulté à RFO, en tant que média audiovisuel, c’est que c’est support où l’image est essentielle. Il y a des infos nationales et internationales où il y a des interviews dans d’autres langues. «Il est souhaitable que d’autres médias nous rejoignent. »
|